mercredi 21 janvier 2015

Je voudrais la mer, François David

- Je voudrais la mer
- Je te donnerai les vagues  le sable l'écume les voiles blanches 
- Je voudrais la montagne 
- Je te donnerai les cimes les skis les sapins les exquises godilles 
- Je voudrais du vert forêt jungle campagne 
- Je te donnerai les lianes et les palmiers les singes et les champignons 
- Je voudrais la tranquillité la paix ne plus bouger 
- Je te donnerai un chat sur moelleuse moquette sans bouger d'une griffe ni d'une moustache

Rêves de Cabanes, Ed. Sarbacanne

Souvenirs du bout des doigts, Elisabeth Jacques


Du bout des doigts / Tu as caressé mes cheveux
Du bout des yeux / Tu m'as mise en émoi
Du bout des lèvres / Tu as embrassé ma joue
Du bout du souffle / Susurré des mots doux
Du bout du coeur / Tu as emballé mon coeur
Du bout de ton âme / Tu as sublimé mon âme
Du bout de toi / Du bout de moi
Du bout de nous / Un tout petit bout de chou

Du bout des doigts / J'ai caressé sa joue
Du bout des mains / Cajolé de mots doux
Du bout des seins / Je l'ai nourri et appris
Du bout des lèvres / Un bon élève
Du bout du coeur / Donné le meilleur
Du bout de toi / Du bout de moi
Du bout de nous / D'autres petits bouts de choux
Nés dans les roses / Ou dans les choux
A la crème ou à la prose / Ils sont tous choux

Du bout des doigts / Je n'ai su que par toi
Du bout des lèvres / Assuré la relève
Du bout du coeur / L'apprentissage du bonheur
Du bout du souffle tous les jours / Murmuré des mots d'amour

Oh ! "boudu" temps / Au bout du temps
Au bout du souffle / A bout de souffle
Au bout de bout / Au bout de tout
Au bout des doigts / Nous toi et moi
Souvenirs au bout des doigts....




1er prix Poésie - Fombeauzard

mardi 20 janvier 2015

Zéro pour Zorro, François David


L’enfant
Ed Motus
rentre de l’école
malheureux.

Pourquoi es-tu triste ?
demande sa maman ?

Pendant le calcul
dit l’enfant
j’ai rêvé à Zorro
et la maîtresse
m’a mis un zéro.

J’ai rêvé alors
à Zorro plus encore
je voulais qu’il me venge
mais Zorro n’est pas venu.

Personne n’a puni la maîtresse
de m’avoir mis un zéro

pour que je pense moins à Zorro.



jeudi 8 janvier 2015

Michel de Montaigne

La vraie liberté,
c'est pouvoir

toute chose
sur soi.

Michel de Montaigne

wikipedia     


Atelier avec Patrick Abéjean

Poésie exprimer l’inexprimabe 
trouver ailleurs que dans le sens la logique, oser faire ça
Mettre en place la fiction du texte qu’on ne connait pas
Taper les consonnes
Le positionnement du lecteur est contreproductif sur des textes émouvants ; il faut repartir à zéro mais l’expression ne doit pas savoir ce que ça va être ; le sourire peut faire passer un côté injonctif : lecture avec simplicité bien placée
Arriver à se laisser regarder ; Accepter d’être nu pour lire le texte
Exprimer un texte sans trafiquer
Ne pas fabriquer un personnage
Ne pas sourire ; pas de drame
Pb homophonie : résolue par la conviction
Lire comme si on racontait d’où on vient
Pas de pathos mais de l’éclairage
Ne pas vouloir faire un effet, l’appropriation de ce qu’on a à dire doit être intime : un texte profond, une intensité, s’approprier le texte, mettre de la couleur dans mon expression
Entendre, être attentif, savoir pourquoi on est là – BIP prendre la parole, la jeter
Plus le texte  est lourd, plus il faut l’ouvrir (idem personne malade)
Ne pas regarder ; ne pas jouer ; être à un état zéro pour se mettre à faire
On n’a jamais intérêt à donner l’impression que la lecture, l’expression est fluide sinon ça banalise (avoir du mal à rentrer dans le texte, dans les mots)
Avoir l’image, la sensation : qu’est ce qui arrive avec ça ?
Prendre de l’ancrage, prendre du corps avec la voix
Appuie sur la ponctuation et la consonne
Faire croire que le texte est fini, assumer que ça ne continue pas ; Faire silence, stopper le texte
Etre dans l’échange, le don et en même temps ne pas être dans l’attente du retour :  si l’extérieur me décentre, nous recentrer sur l’émotion, charger  le texte, être juste excellent >> transmission des sensations, d’émotions seules perceptibles
Lutter contre la perdition, à partir de la 1ère fois comment on reconstruit la spontanéité ?
Ne pas maîtriser ce qu’on veut faire passer, se mettre en disponibilité, retrouver la fraîcheur
Trouver la méthode et la faire sienne
Si je suis traversée, ils le seront aussi : pas de syndrome de l’institutrice, on fait plus que de la pédagogie
La voix est la conséquence d’une émotion, on est des passeurs
SENSATION CONNECTION
Le paradoxe entre le culot l’exhibition et l’intime

ce qui va toucher l’autre ce n’est pas fondamentalement le sens

mercredi 7 janvier 2015

Si chaque jour, Pablo Neruda



Si chaque jour
Tombe dans chaque nuit
Il existe un puits
Où la clarté se trouve enclose.

Il faut s'asseoir sur la margelle
Du puits de l'ombre
Pour y pêcher avec patience
La lumière qui s'y perdit.


Pablo NERUDA
Dis-moi un poème qui espère
La rose détachée et autres poèmes

Rue du Monde 2004

samedi 20 décembre 2014

Toucher l'instant, Grand Corps Malade


On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie ?
Il existe paraît-il, un instant dans l'écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s'envole en silence
Que l'on rape ou que l'on slame, on recherche ce moment
Il allume une flamme qui nous éclaire brièvement
Cette flamme est la preuve, laisse-moi t'en faire une démo
Qu'il est possible de combattre le mal par les mots
C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant

Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps

Les moment rares et irréels que la quiétude inonde
Rouda, n'oublie jamais notre parole du bout du monde
On ressent comme une coupure dans la vie, comme un rêve
On oublie les coups durs de la vie, comme une trêve
C'est un phénomène puissant, je ne te parle pas d'inspiration
Mais d'un souffle plus profond comme une seconde respiration
On voit et on entend l'encre devenir vivante
On goûte et on sent la saveur d'une rime errante
On touche du doigt l'instant qui nous enveloppe de sa puissance

C'est sans cesse la renaissance de l'essence même de nos cinq sens
C'est le moment où on passe de l'autre côté des paysages
On sympathise avec le vent et on tutoie les nuages
Il fait jour en pleine nuit et il fait nuit en plein jour

Profite de cet instant, il ne durera pas toujours
C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps


Le moment où le voile se lève et la magie s'élance
Là où j'ai croisé Souleymane au bout du sixième silence
Si on n'a pas atteint le Nirvana, on doit en être au seuil
Pourtant je suis simplement assis là, devant ma feuille
Peut-être que cet instant n'existe que dans mon esprit
Et que je suis complètement mythomane lorsque j'écris
Mais laisse-moi mon stylo, y a pas moyen que je m'arrête
J'ai une envie d'écrire comme t'as une envie de cigarette
Et pour m'enlever ce désir, je te demanderais de repasser
Car tant que je pourrai écrire, je continuerai de penser
Que c'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace-temps

Les moments que l'on redécouvre, que l'on connaît plus ou moins
Tu l'as déjà touché, Jacky, j'en suis témoin
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision
De prendre une route parallèle, comme une furtive évasion
On a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie
De se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie ?


Grand Corps Malade

Musique: S Petit Nico   2006  "Midi 20" © Editions Musicales Djanik